BLISS OF FLESH - INTERVIEW part 2 Ordre, chaos et blackened death
- Noire Lemag

- 26 mars
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
(Suite et fin)
NOIRE : Ca s’est ressenti dans votre musique c’est vrai, dans cet album et dans les autres. Il y a des passages assez grandioses dans votre musique, ainsi qu’une théâtralité prégnante sur scène, vous disiez à mes confrères de Memento Mori que vous aimiez l’opéra. Mais est-ce que vous diriez que votre univers pourrait être comparé à un opéra blackened death ?
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Alors, musicalement, je ne pense pas, car les travaux qui sont fait avec le choeur ne place pas l’orchestration comme étant au centre, elle vient en accompagnement et en illustration de quelque chose que je voulais plus brut à l’origine. Le fait de donner cette dimension théâtrale se retrouve. Je trouve que la question est intéressante, car on se demande toujours si le masque porté sur scène est le même que celui que l’on porte dans la vie. J’ai plutôt l’impression que la scène est un moment de vérité. Un acteur de théâtre te dirait certainement la même chose, à sa façon. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait cette impression un peu superfétatoire, en tout cas la connotation un peu péjorative qui peut être liée à celle-ci. Nous, c’est l’authenticité, on y va avec nos tripes que ça plaise ou ça ne plaise pas. Le jugement appartient au final à l’auditeur et au public. Pour ce qui est de l’orchestration, l’idée n’est pas non plus de nous éloigner d’une forme de violence primaire, qui était plus prégnante sur “Tyrant”, cette fois-ci on a été peut-être un peu plus simples, dans la manière d’organiser la musique. Les lignes de guitare sont finalement moins nombreuses, il y a des instruments un peu différents. C’est la première fois que je joue du piano, par exemple. D’un autre côté, on a retiré tout ce qui pouvait être ligne de cordes sur cet album “Metempsychosis”, car on a tenu à faire quelque chose d’un peu plus brut, plus cru, moins orchestré que ce qu’on a pu faire, étonnament, avant. Cela touche peut-être au théâtre, mais peut-être davantage dans son universalité qu’autre chose.

NOIRE : Et dans les symboles abordés.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Et dans les symboles.
BLISS OF FLESH (NECURAT) : En lien avec le théâtre, la mise en scène pour nous, c’est ni plus ni moins un prolongement de ce qu’on est. Pour ma part, c’est juste que ça doit s’exprimer comme ça. Cet album, ça a été de l’émotionnel. Cela a été douloureux à écrire, douloureux à composer, douloureux à enregistrer. Je ne savais pas trop comment ça allait pouvoir se passer sur scène, parce que tout ça, il fallait que ça sorte, et il fallait que cela sorte de façon intelligente, sans pour autant être effondré. C’était le grand paradoxe du process.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Mettre de l’ordre dans le chaos, c’est toute l’ambiguïté de notre musique. Et le contraire.
BLISS OF FLESH (NECURAT) : Le théâtre, c’est juste une forme d’expressivité qui est adaptée à la scène. Si, sur scène, il ne va rien s’y passer, dans ce cas-là, je reste chez moi. Pour nous, si on monte sur scène, c’est qu’il y a quelque chose qui importe, si on a vraiment quelque chose à exprimer, c’est sur scène.
NOIRE : Oui, c’est vous raconter, quelque part et exprimer ce que vous avez en vous.
BLISS OF FLESH (NECURAT) : C’est se mettre à poil ! Ce n’est pas un exercice évident et facile et d’autant plus quand l’oeuvre est personnelle. C’est pour ça que ça a été hyper cool pour nous, de voir que les gens aient apprécié ce que nous on a exprimé et mis en place au travers de notre musique et de partager ça, en fait. C’était une des rares fois où on le rencontrait avec autant de publics.
NOIRE : En rédigeant cette interview, je me suis posée la question, au-delà de la symbolique autour de la perte des sens, est-ce qu’il n’y aurait pas par hasard, une peur de la vieillesse qui se dessine ?
BLISS OF FLESH (NECURAT) : J’ai déjà eu cette question, d’un point de vue personnel, en discutant avec des gens.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : La question est pertinente !
BLISS OF FLESH (NECURAT) : La vieillesse, c’est peut-être quelque chose à laquelle on est plus confrontés à notre âge, qu’il y a 20 ans. La peur de vieillir, je ne sais pas, mais celle d’être altéré, peut-être.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Il y a le vertige du temps qui passe.
BLISS OF FLESH (NECURAT) : La clepsydre !
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Est-ce pour autant que l’insouciance de la jeunesse nous a quittés, je ne crois pas !
BLISS OF FLESH (NECURAT) : On est à une étape de notre vie où ce questionnement-là existe et important à mettre en musique.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : C’est le moment où on se posera plus de questions et qu’on aura plus cette sensation d’urgence. Quand on aura plus cette sensation, quand on met un pied sur scène et qu’on aura plus ce besoin d’exprimer notre colère, notre haine contre la vie et le temps qui passe, il faudra qu’on descende de scène, définitivement.
NOIRE : Au final, ce n’est pas une peur de la vieillesse, mais plutôt une sagesse, qui s’installe !
BLISS OF FLESH (NECURAT) : Tu l’as dit !
Tout le monde rit.
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : On y tend en tout cas !
NOIRE : C’était toutes mes questions pour aujourd’hui !
BLISS OF FLESH (SIKKARDINAL) : Elles étaient excellentes !
BLISS OF FLESH (NECURAT) : C’était cool, merci à toi !



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